Rencontre avec Éric Le Boucher autour de son ouvrage Économiquement incorrect (Grasset, 2005).
D'Asie en Amérique, le monde accélère. L'Europe s'arrête. Et la France recule. Affirmant mener une orgueilleuse “résistance” à la mondialisation et au libéralisme, le pouvoir politique a cédé aux corporatismes. L'immobilisme ruine le pays et met un jeune sur quatre au chômage. Pourquoi la France va-t-elle si mal quand d'autres pays s'en sortent ?
Voilà vingt-cinq ans que le taux de chômage a dépassé chez nous les 10 %. Il est temps d'engager la grande mutation française. Les solutions existent, d'autres les appliquent. Il est temps de cesser d'accuser les autres de nos maux, le capitalisme, le libéralisme, les États-Unis, l'Europe, l'élargissement ou l'Angleterre, bref, toujours l'extérieur. Il est temps de cesser d'entretenir la nostalgie du modèle industriel “fordien” et des années 60. Il faut affronter le monde neuf sans arrière-pensées, se gardant de tout sentimentalisme, se défiant de l'idéologiquement correct, du politiquement correct, de l'économiquement correct. Avec, au contraire, un goût pour les idées qui marchent, neuves, validées, utiles. Avec l'envie d'aller voir ailleurs comment s'y prend l'étranger. Avec la volonté de mettre à mal l'alliance dominante des bien-pensants, nouée entre les profiteurs du statu quo et ceux qui s'enferment dans l'espoir vain de rebâtir le monde d'avant Reagan. Le nouveau monde n'attend pas les pessimistes. Il se fait. Il s'accélère. Il tuera les immobiles. E.L.B.
Éric Le Boucher, rédacteur en chef au journal Le Monde, écrit chaque semaine des “chroniques de l'économie” décapantes. Ce livre s'en inspire et les prolonge. Il est l'auteur de Mémoires volées (avec Jean-Hervé Lorenzi), Ramsay, 1979.