Estampes de la Bibliothèque nationale de France
La Bibliothèque municipale de Lyon expose une sélection d’estampes modernes choisies dans les collections de la Bibliothèque nationale de France, Département des Estampes et de la photographie. Cette période des années 1930 à 1960 est peu représentée dans les collections de Lyon, qui est cependant riche de cent mille estampes anciennes (du XVIe au XVIIIe siècles) et de plus de cinq cents estampes contemporaines. C’est une belle occasion pour le public lyonnais de rencontrer ces œuvres rares, discrètes, issues d’une collection prestigieuse ; un moment privilégié pour redécouvrir cette période de l’histoire de l’art qui voit naître et s’affirmer des gestes artistiques fondateurs de la modernité.
Le choix, volontairement restreint à quatre artistes - Picasso, Matisse, Miró, Brauner - permet de saisir l’importance et la vitalité de la gravure dans leur œuvre. En utilisant et en poussant aux limites toutes les techniques de l’estampe qui étaient alors à leur disposition, ils ont fait de cette pratique exigeante un laboratoire d’expérimentation. L’exposition rend compte de cet appétit pour la gravure ; elle montre que cette pratique a permis aux artistes de mener une œuvre parallèle à leur peinture, qui offrait, à travers les contraintes techniques, un territoire privilégié : un domaine d’étude, un lieu d’impulsion créatrice, une réponse à des recherches picturales.
Picasso est de loin le plus prolixe en matière de gravure : il aura produit en tout près de 2000 estampes, toutes techniques confondues.
Dans l’exposition, les eaux-fortes au geste net traduisent sa familiarité et son goût pour la plaque de cuivre (années 1920 - 1930). Ses lithographies aux effets graphiques des années 1940 précèdent les masses charpentées de ses linogravures de 1959, travaillées en aplats de couleurs. Pendant plus de six décennies, sans interruption, Picasso poursuivra une activité de graveur, mettant à profit semble-t-il la complexité et les contraintes de ce métier pour mener cette œuvre parallèle qui conserve des accents classiques.
Les figures endormies et les portraits de Matisse (années 1920 à 1940) côtoient la série des Danseuses acrobates (1931-1932).
Lithographies, eaux-fortes, linogravures montrent des stratégies de geste et de construction sans cesse renouvelées, où la concision matissienne s’exprime magnifiquement.
Miró, représenté par des lithographies, eaux-fortes et aquatintes (entre 1950 et 1960) donne la mesure de son attirance pour la gravure, y investissant son célèbre vocabulaire de boules étoilées, spires, lignes brisées, réussissant à entremêler contraintes techniques et spontanéité.
Une série de portraits de Victor Brauner tirée de Codex d’un visage (1961) montre une approche procédurale de l’estampe, qui révèle le potentiel de la gravure : un art de la répétition et de la modification. Le passé surréaliste de Brauner surgit dans l’humour de ces portraits rangés sagement sur le format, nous guidant peu à peu vers ses délicieux accents de dérision.
F. L.
Expostion proposée avec le concours exceptionnel de la Bibliothèque nationale de France.
BnF : www.bnf.fr.
Mardi 2 février à 18h30
Vernissage de l’exposition en présence de Georges Képénékian, Adjoint au Maire de Lyon, délégué à la Culture, au Patrimoine et aux Droits des citoyens
Mercredi 10 février à 15h, samedi 6 mars à 15h, vendredi 19 mars à 18h30 et samedi 3 avril à 15h
Visites commentées par Françoise Lonardoni, commissaire de l’exposition.